Rupture d' un ressort de suspension

C' est l' histoire d' un croisement entre l' expérience, apanage souvent de gens "expérimentés", et de la "connaissance", domaine des inexpérimentés.


Cette anecdote avait mal commencée.


Un de nos camions d' endurance avait procuré quelques jours de congés à son conducteur.
Rupture d' une des lames maîtresse des ressorts arrière. Direct dans la nature et à l'hôpital.
Pour notre copain, quelques traces, histoire de garder des souvenirs et les preuves que le repos n' était pas lié à la flemme.


Mais pour le véhicule, pas question de continuer ses essais sans comprendre et modifier.

Réunion de crise.

Durand, le patron et tous les cadres impliqués, dont Vanu, mon chef, pour lequel, plus de 35 an s après, je garde la plus grande estime.


Expertise, discutions, chacun y va de son idée, ou de sa solution.

Durand écoute, regarde, touche, tâte.


Puis son diagnostic tombe:
- Pas étonnant, dit-il, près de l' articulation, les contraintes doivent être de l' ordre de 130 kg par cm2.


Silence, le chef a dit!


Puis Vanu, dubitatif :
- Mais monsieur Durand, vous ne pouvez pas dire ça, vous ne l' avez ni calculé ni mesuré!
- Tu as raison, fils, ( nous étions tous "fils" pour lui). Tu as raison, et tu sais, tu me le calcules cette nuit et tu me donnes ton avis demain!

Bon, fin de la réunion, tout le monde chez soi.
Y compris Vanu.

Mais il ne s' est pas couché. D’ailleurs ça se voyait le lendemain. Il a calculé.
Et il a trouvé 134 k/cm2.

Et quand il en a fait part au chef, il s' est vu félicité mais aussi entendu dire:
- je te l’avais dit "fils" tu crois que ça valait le coup d'y passer la nuit'