Quel bond !

Notre soucis de comportement de la Marie-Joseph n' était pas réglé, et de loin.

En plus notre hiérarchie, pour je ne sais quelle raison, ne voulait pas entendre nos remarques.

Longtemps lorsque nous disions "le car décolle", le réponse était, "non, les roues sont pendantes" . Idiotie qui ressemble à celles que nous entendons souvent' de la part de politiques pour lesquels "tout va bien", ou de responsables obtus qui prétendent détenir la vérité. Bon, nous en avions un peu mare de ce dialogue de sourds.

Je ne sais si c' est René qui a proposé d' apporter la preuve indiscutable, ou si c' est moi.

En fin d' après midi, lorsque nous rentrions de Montlhéry, nous passions dans Saint Cloud par une rue qui longe la Seine. En plus, il y avait un endroit que nous nommions "la réserve" où nous jouions à faire décoller le train Avant. C' était traditionnellement notre dernier plaisir avant l' écurie.

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L' endroit, quoique en ville, était le meilleurs de tous ceux que nous avions expérimentés. Une belle descente suivie d' une brutale remonté, peut être 5% ou 6% de chaque côté.

Dans la descente la Marie Joseph pouvait atteindre une vitesse importante et la visibilité était correcte, rien sur les côtés.

Nous avons mis les grands moyens. Nous y sommes allés nombreux de façon à bien gérer la circulation, sans autorisation qui nous aurait été refusée, tant de nos chefs que de la municipalité ou la préfecture. Incognito.

René s' est installé en haut de la côte aux commandes de la caméra du service, deux ou trois collègues se sont chargés d'arręter toute automobile éventuel. Et tout en place, le départ a été donné. mais un "récalsitrant" est passé malgrès tout, HAIE! trops tard !

Jean et mois étions dans la Marie-Joseph, mais moi bien assis sur l' un des rares sièges et bien cramponné, enregistreurs en fonction.

Départ de grand prix, tout à fond.

De ma place j' avais littéralement l' impression que nous allions directement nous encastrer dans le mur que représentait la monté. Jusque là nous passions probablement à 50 ou 60 km/h. Mais c'est vers 80 km/h que nous sommes arrivés au fond.

Ce fut dantesque, pendant un certain temps (?) quand te train avant a renvoyé le car vers le haut, pour moi, tout le paysage a disparu, je ne voyais plus que le ciel.

Puis, quand le train arrière est arrivé à son tour dans le fond, il y eut un énorme bruit, l' arrière du véhicule avait violemment heurté le sol. Quant nous avons fait le bilan, le châssis était tordu, les portes d' accès au moteur aussi et c' est inexplicable que la lunette arrière n'ait explosé.

Mais René avait la preuve. Les roues avant apparaissaient à presque 1 m. du sol.

Retour fièrement penauds. La preuve était formelle, même si les conditions étaient anormales. Mais la Marie-Joseph avaient les fesses en l' air, bonne pour quelques semaines à l' hôpital.

Pour la petite histoire si le monsieur récalsitrant n' est pas mort dans l' histoire, c' est qu' il ne devait vraiment pas avoir de problème cardiaque. Notre collègue chargé de bloquer la circulation dans le haut de la côte a été débordé par un automobiliste qui ne voulait pas attendre une trentaine de secondes. Mais nous étions à pleine vitesse dans la descente, au niveau du changement de pente, impossible de ralentir. Il y a donc dans le coin un témoin de ce drôle d' essais. Il s' est retrouvé face à nous, à 150 m peut être, au moment le plus spectaculaire de l' action. Il a freiné au maximum et c' est demandé si le car n' allait pas lui atterrir sur le toi. Il a fallu l' aider à sortir de sa voiture et le réconforter. A mon avis, il n' a jamais oublié.

Nous non plus.

Nul ne nous a félicité, vous vous en doutez, mais les quinze jours de repos pour le proto nous ont mis sur la piste des causes de son comportement pour le moins excentrique, en comparant les enregistrements des courses de suspensions, les accélérations verticales synchronisées avec les images.

Notre "conn......" a permis de s'attaquer enfin aux causes, mais quelle journée !