Ce devait être vers le printemps 1985, en fin d’après midi. Le service commençait à se vider.
J.P.FC, vous vous souvenez, entre précipitamment dans mon bureau.
- Daniel, as-tu le double des clefs de la RENAULT 25 Limousine prêtée à CHIRAC ?
- Non, pourquoi ?
- Elle est fermée sur le parvis de l’hôtel de ville, moteur tournant, et les clefs sont sur le contact !
RENAULT avait effectivement prêté une RENAULT 25 Limousine de pré-série à Monsieur Jacques CHIRAC, alors maire de Paris.
Cette voiture faisait parti de ma gamme et tout le monde savait que j’y apportais un intérêt particulier.
C’était une automobile assemblée chez HEULIEZ en charante maritime.
Plus longue de près de 25 cm que les versions de série, c’était le fleuron de la gamme RENAULT.
C’était une voiture de maître ou tout avait été fait pour le propriétaire qui pour une fois n’était pas le conducteur, priorité aux places arrières.
La place privilégiée est généralement celle du conducteur. C’est généralement lui qui décide de tout, y compris de l’achat. C’est donc lui que l’on chouchoute et que l’on met en valeur.
Par exemple, c’est lui qui dispose des commandes des lèves vitres électriques, de la commande de verrouillage des portes.
Mais pas dans la RENAULT 25 Limousine.
Dans cette voiture, le clavier habituellement placé dans la porte conducteur était en fait installé dans chaque panneau de porte arrière.
Monsieur Jacques CHIRAC est donc arrivé à la mairie de Paris dans une RENAULT 25 Limousine cet après-midi là.
Il est entré dans la mairie et conformément aux règles de sécurité, le chauffeur a laissé tourner le moteur, de façon à pouvoir repartir sans délais.
Il y avait d’autres voitures de personnalités sur le parvis et les chauffeurs se sont rassemblés autour de cette nouvelle voiture, pour la détailler.
Ils en ont fait le tour, l’ont évalué, admiré, critiqué.
Et l’un des chauffeurs a remarqué les commandes placés dans les portes arrières.
- Tien, c’est « lui » qui a le bouton de fermeture des portes ?
Il appuyé sur le bouton, et fermé la porte !
Oui, mais !
La voiture était maintenant fermée, moteur tournant, CHIRAC et son chauffeur à la rue.
Affolé le chauffeur envoie d’urgence deux motards à Billancourt pour chercher le double des clefs, en espérant que son patron n’aura pas terminé avant leur retour.
J.P.FC n’avait pas de double des clefs et a pensé que je pouvais l' avoir.
Je ne les avais pas non plus, cette voiture devait appartenir au parc presse.
Je ne sais pas comment cet incident c’est terminé.
Par contre il a eut des répercutions sur la définition de la voiture.
Sur tous les véhicule de la gamme RENAULT de l' époque équipés de condamnation centralisée des portes, les portes avant se décommandaient si l’on fermait les portes avant après les avoir verrouillées, y compris la RENAULT 25 Limousine.
Mais sur cette dernière l’anecdote du parvis de la mairie nous a montré que le « risque » venait de l’arrière.
J’ai donc fait monter des serrures avant à l’arrière pour ne plus retrouver ce type de soucis.
Cela dit, ça nous a bien amusés.