La bosse de je ne sais plus où !
« Vanu », tiens-toi, ça va sauter ! haie !
A cette époque nous ne savions toujours pas pourquoi la Marie-Joseph
avait de telle prédisposition à s'envoyer en l'air. Nous cherchions.
Nous avions repéré quelques pistes dont entre autre son aversion
pour les bosses. Elle avait vite les roues avant au-dessus de la route.
Je ne me souviens plus pourquoi Vanu, mon chef direct, était avec nous ce jour là.
Comme d'habitude Jean conduisait !
Le midi nous avions déjeuné dans un petit restaurant sympa et la discussion avait tourné autour des qualités de jumping de notre proto. Comme tous ceux qui ne l'avaient pas vu, Vanu ne le croyais pas non plus. Pourtant nous en avions souvent parlé, mais bon ! Et puis mon surnom dans l'équipe, c'était "Marseille". Tout est PLUS chez nous.
Jean et moi nous sommes compris, sans un seul mot. Il fallait montrer à Vanu que nous n'exagérions aucunement. Sur notre chemin du retour il y avait une belle ligne droite bien bombée qui croisait une autre route bien bombée aussi. Au carrefour, le côté droit constituait un superbe tremplin. Nous l'avions déjà expérimenté, nous connaissions.
En sortant du restaurant Vanu s'est assis sur la seule banquette se trouvant derrière Jean, et j'ai pris ma place habituelle debout dans l'emmarchement avant.
Lorsque nous approchâmes de notre "sautoir", Jean et moi nous regardâmes, OK, le maximum, à fond complet et le plus à droite possible, là où la bosse est la plus haute.
Je me suis retourné vers Vanu et lui ai conseillé de se tenir
au siège.
J'aurai dût en faire autant.
Jean était de toute façon sanglé à son siège
comme toujours.
Quant le train avant est arrivé sur la bosse, le choc a été tel que j'ai été projeté jusqu’au pavillon, d'autant que pendant que je montais, l'avant du car redescendait. Je suis aussi retombé, brutalement. Quel valdingue !
Quand je me suis relevé, Vanu était blanc de peur. Entre le choc, le bruit, l'horreur de la vue de la roue avant droite à plus de 20 centimètres du sol, (je vous rappèle que nous n'avions que le plancher de l'allée centrale et du fond de coffres et donc vue permanente des trains avant et arrière, par sécurité ) et l'impression de décollage, c'était quasiment la panique sous son crane.
La traverse Avant a encore vieilli ce jour là.
Quelques jours plus tard, la même expérience a été
tentée avec « le » car de référence pendant
les essais du E7, un SETRA à moteur Arrière et là ça
a failli mal tourner.
Je n’y étais pas, mais le récit que l’on m’en
fit m’a fait froid dans le dos et me poursuit toujours.
Quand l’avant du SETRA s’est enfoncé sur la suspension, le
levier pendant de direction a touché le sol, braquant brutalement les
roues vers la gauche (heureusement) sans que le conducteur ne puisse s’y
opposer. L’écart a été spectaculaire, mais tout c’est
bien terminé.
Il y a encore aujourd’hui des véhicules qui présentent
ce risque.