Le marteau pour casser les vitres
Le E7 avait des problèmes de structure, c’était évident.
Le châssis de départ était une idiotie généré par un crétain incompétent malgré tous ses diplômes et sont titre de directeur ou de chef de service.
Je ne l’ai jamais vraiment côtoyé, mon niveau hiérarchique de technicien débutant me mettant à l’abri d’une rencontre avec se personnage.
Pour information, c’était un transfuge de Berlier, j’imagine parti, ou viré pour ses excentricités techniques.
Je me suis toujours demandé comment un pouvait s’élever autant dans la hiérarchie d’une grande entreprise comme la SAVIEM en étant aussi nul.
Bref, le projet avait quelques soucis.
Il n’y avait pas que le châssis qui souffrait, la carrosserie aussi, voir ce qu’il a fallu se résoudre à faire pour pouvoir continuer à avancer avec le proto numéro 1.
La carrosserie avait aussi la particularité d’avoir de très grandes surfaces vitrées, démarrant très bas, juste à la hauteur des coudes des passagers.
En plus, sur
Le châssis avait fini par être bourré de jauges de contraintes qui comme l’algue taxifolia en méditerranée avaient colonisé toute la carrosserie.
Nous étions à de nombreux endroits au-delà des limites élastiques des matériaux. Nous le savions même sans mesure à l’observation de toutes les ruptures ou criques qui apparaissaient.
J’étais donc en charge de faire des mesures de contraintes sur route, lorsque un ingénieur a émis un doute quand à l’origine des véritables ondes qui se propageaient dans la carrosserie et le pavillon, lors de passage sur de fortes irrégularités de la route.
Il émit une hypothèse, ce sont les vitrages qui mettent toute la structure en résonnance. Et il voulait vérifier l’influence de ces vitrages dans la rigidité du car.
Et il fut décidé de le vérifier.
Un beau jour (heureusement) nous voilà partis pour vérifier cette idée.
Cet ingénieur, dont j’ai même oublié à quoi il ressemblait était avec nous Nous avons d’abord fait des enregistrements sur une route du côté de Nauphle le Château. Et ça résonnait fort.
Et ce monsieur, sans rire nous a demandé de supprimer les vitres du côté droit, pour refaire les mesures, au même endroit, dans les mêmes conditions.
Supprimer les vitres, sur le bord de la route, mais comment, nous ne sommes pas outillés pour le faire.
Tant pis, nous a-t-il dit, avec çà !
Et il nous montre le petit marteau casse vitre, d’ailleurs obligatoire et
toujours le même aujourd’huit.
Avec çà ?
Oui !
Bon.
Et nous voilà, Jean et moi, en action pour briser les glaces.
Avez-vous déjà essayé de casser une vitre trempée avec cet engin ?
Déjà, le manche n’est pas bien long et on a l’impression que l’on va en fait donner un coup de point dans le vitrage. Et comme l’on sait qu’il y aura des éclats partout, pas très chauds.
Premier coup, rien, mer,,,,,
Deuxième coup, pareil et il n’y a pas qu’une vitre à casser.
Bon, ça ne marche pas.
Jean va chercher le marteau de la caisse à outil du bord, un vrai.
Même avec çà, ça rebondit, mais ça ne casse pas.
Finalement se serra un concours
de lancer de marteau, à
Et
Nous n’aurions jamais imaginé que cesser ces vitres serait si difficile.
Et nous avons refait les enregistrements. Et de fait, ça allait un peu mieux.
Depuis, lorsque dans un car, ou même dans mon camping car je vois cet outil obligatoire, je pense que ceux qui l’ont rendu obligatoire, n’ont certainement jamais du l’utiliser. Et si vous devez le faire un jour, courage. Nous, nous n’y étions pas parvenu.
Épilogue
Le retour aussi vaut son pesant de cacahuètes
Notre mission remplie, retour vers Suresnes, les cols bien remontés.
A un certain moment, sur une petite route, à pleine vitesse, on entend un « plouuuukkkkkkk », un peu le bruit d’un bouchon de champagne qui saute.
Surprise, arrêt immédiat, gros éclat de rire, une moitié de la lunette arrière avait été éjectée par la pression de l’air à l’intérieur.
Encore une vitre de moins et heureusement personne ne nous suivait.