Jean ! au printemps, tu auras un cabriolet

Quelle allure !

Avec tous les coups qu’elle avait pris et les approximations du génie de la mécanique qui avait présidé à sa conception, elle était cassée de partout.

Le châssis ressoudé dans tous les sens, des renforts au fur et à mesure des nécessités !

En roulant, en observant le pavillon, on le voyait épouser le profil de la route.

Nous étions bien loin de l’image de rigidité que je me faisais d’un car.

Et vint le moment ou nous avons sérieusement pensé que la machine allait perdre tout le dessus.

Jean, avec tout ça, au printemps le E7 sera décapoté, sur.

Mais il fallait continuer la mise au point. Il était clair que ce proto ne pouvait rien nous apporter en terme de structure, mais il pouvait encore servir pour avancer sur le freinage, toute la mise au point moteur, direction, et même un peu sur la suspension, et le mettre au rebus ferait encore perdre du temps.

L’idiotie de l’architecture du châssis, fait avec une idée idiote, « il ne doit être fait qu’avec des tubes coupés à 90, 45 ou 60 degrés » en avait fait un truc complètement incapable de remplir sa fonction et tout le véhicule en « payait » la conséquence.

Il était évident que l’étude de la structure était à reprendre intégralement. Et ce temps était très pénalisant.

Il fallait continuer à rouler.

Alors, je ne sais plus qui a pris cette décision, mais je revois clairement la tête des conducteurs de camion, mieux placé que les automobilistes, lorsqu’ils apercevaient l’intérieur de notre engin.

Des tubes ont étés soudés entre le milieu du pavillon et de part et d’autre au niveau du plancher au droit des montants latéraux.

On aurait dit une charpente de toiture et nous ne pouvions plus circuler que dans le milieu du car.

Même pas honte, ça nous faisait bien rire et avons continué à travailler avec ce drôle d’insecte.

Et dire que pour rire, nous avons même pris un autostoppeur, pour le déposer à l’hôpital de Garches avec çà !!