A mon tour
Ce n'était pas ce jour là, me semble-t-il. Jean m'avait tellement surpris, que je ne pense pas que j'ai pu être en état de prendre le volant après. Ce devait être plusieurs jours plus tard.
En plus à cette époque je n'avais pas le permis poids lourd. C'est vrai que sur un circuit comme Montlhéry ce n'est pas nécessaire, puisque ce n'est pas la voie publique.
C'était donc quelques jours plus tard. René était aussi de la fête.
Jean m'a dit: "petit, à toi ! "
Ne me demandez pas ce que nous avions fait avant, notre travail je présume. Il était tôt dans l'après midi, pas pressés de rentrer, donc du temps devant nous pour notre jeu favoris, le routier. Nous avions déjà du faire quelques tours.
C'était la première fois que je m'installais au commandes de la Marie Joseph, mon autocar école, en somme.
Au départ des deux ponts, c'est tout droit, ça va. Première, que la commande de vitesse et dure, seconde, puis troisième, quatrième, suivante et suivante. Tous les imbéciles savent en faire autant. A fond ! Même pas de voiture en face.Et la cuvette de Couard est arrivée. Nous l'avions "sauté" souvent, avec Jean au volant, mais là c'était moi.
Il serait bon que je ralentisse un peu tout de même, juste un peu, discrètement, sans en avoir l'air.
Mon pied droit quitte l'accélérateur et se pose "délicatement " sur la pédale du milieu: rien !
Plus fort, rien, encore, toujours rien, à fond, désespérément rien !!!!!!!!!
Et ça vient, mais tout. Pour la discrétion, c'est raté, René qui était debout dans l'allée centrale atterrit contre le tablier. Jean cris "lâche". Je lâche, mais entre temps les six roues bloquées du E7 ont laissé leurs traces sur le revêtement du routier. Je ne savais pas que le temps de réponse de la commande de freins à air, basse pression à l'époque, était si long.
Puis c'est la bosse, la courbe, la descente vers les militaires, la côte, re-descente, les Biscornes, la forêt, le Gendarme et la ligne droite du retour vers les deux ponts.
OUF !
OUF. Il va falloir que j'apprenne.
Et j'ai appris, prudemment, consciencieusement, pas à pas. J'avais un bon maître. J'ai tout de même eut quelques angoisses, mais un an après, Jean avait fait de moi le deuxième plus rapide à Montlhéry avec le E7.